Edito de la Commission de programmation
ET
OUI ! 15 ANS DÉJÀ ! Quinze ans que nous vous proposons
des films lesbiens et féministes, venus du monde entier, le plus
souvent inédits en France…
Pour
fêter ça, plus de 80
films vous attendent cette année et notamment 7 longs
métrages de fiction !
Sept longs métrage de fiction donc,
et de la diversité encore et toujours, parce qu’il en faut
pour tout le monde, tant au niveau des thèmes abordés
que des genres: comédie, thriller, cul, romantisme…et même
un film de pirates ! Diversité aussi au niveau des pays d’origine,
avec notamment 3 films européens pour cette cuvée 2003.
Enfin
un long métrage de fiction lesbien venu du Royaume-Uni, le premier
depuis près de dix ans ! Do
I Love You ? de Lisa Gornick*, une comédie super sympa,
tournée avec un budget dérisoire, qui aborde de façon
aussi drôle que philosophique la crise de la trentaine -d’une
lesbienne of course- : avis aux concernées !
D’un
tout autre genre, le film italien, tiré du roman éponyme
d’Elena Stancanelli, Benzina
(Gasoline est le titre anglais) de Monica Stambrini est une sorte de
road movie/ thriller qui nous conte l’histoire tendre et dramatique
de deux jeunes filles, Stella et Lenni, entraînées dans
une folle cavalcade.
Quant à Madam
and Eve de Angie Dowling*, LE film de la séance Q
–que nombre d’entre vous ne rateraient sous aucun prétexte
!-, il nous vient aussi d’outre-Manche, mais il a été
tourné …en France ! À « Eden », un hôpital
d’un genre un peu particulier, les lesbiennes viennent se faire
soigner pour retrouver leur appétit sexuel…
Avec
Girlking,
la canadienne Ileana Pietrobruno nous livre une véritable aventure
de pirates drag king : sous des dessous de fable érotique, une
critique intelligente de la notion de genre et de rôles (butch/fem,
top/bottom).
Premier
long métrage fiction lesbien tourné (clandestinement)
en Chine, il a fait le tour des festivals gays et lesbiens à
travers le monde : nous sommes très heureuses de vous présenter
Jin
Nian Xia Tian/Fish and Elephant, réalisé par
Li Yu.
Et
venu des Etats-Unis, un film queer, politiquement incorrecte, Politics
of Fur de Laura Nix est un remake très stylisé
du film réalisé en 1973 par Fassbinder, Les Larmes
Amères de Petra Von Kant. Un film à part qui a fait
le tour des festivals et gagné de nombreux prix.
Enfin,
nous vous proposons une comédie romantique, production afro-américaine
: Kali’s
Vibe de Shari Carpenter.
Côté
production française
–encore trop rare hélas, mais que nous soutenons notamment
avec le concours de scénario-, ne manquez pas le
très beau moyen métrage Alice,
de la réalisatrice Sylvie Balliot*. Depuis Pour Elle,
son premier film (1995), elle poursuit une œuvre sensible traversée
par l’amour et les femmes, d’abord coréalisée
avec Béatrice Kordon, dont : Tu crois qu’on peut parler
d’autre chose que d’amour ? (1999) et Regarde-moi
(2001) présenté au festival.
Autres réalisatrices dont nous suivons avec intérêt
le parcours, Laurence Rebouillon* et Myriam Donasis*(prix du scénario
en 2001 avec Bang Bang je t’aime je t’aime projeté
l’an dernier) seront de nouveau parmi nous cette année .
La première avec Ciao
Bella, Ciao, un court métrage poétique et politique
: récit d’une double rupture, amoureuse et géopolitique.
Sept minutes en réaction au score du FN au premier tour des élections
présidentielles 2002. La seconde avec Les
gays envahisseurs, un court métrage délirant
qui se déroule à l’aube de l’an 3000 alors
que des extraterrestres, les homosexuels, ont le projet d’envahir
la terre !
Notez
également la projection d’un court métrage de Pascale
Rocard Un
Océan de blé, où deux femmes se retrouvent
pour évoquer un secret de jeunesse… devinez lequel ?
Citons pour finir deux documentaires. Le
premier, intime, est réalisé par Alexandra A.. Dans Révélations,
un an après leur avoir révélé son homosexualité,
la réalisatrice interroge ses parents, son frère et ses
sœurs : des témoignages qui s’ils n‘échappent
pas aux clichés habituels montrent aussi les certitudes qui s’effondrent,
les interrogations, la pudeur ou le malaise face à un événement
qui bouleverse toute la famille. Quant à Née
sous absence de Réjane Gonin-Varrod*, il retrace le
parcours de Florence Legat*, alias la princesse de Comborcières
(qui accueille lesbiennes et gays dans son hôtel en Savoie), et
tente de répondre à la question : comment se construire
sans l’amour de sa mère ?
Et, arrivé en dernière minute, nous vous proposons La
Marche lesbienne de Paris 2003 de Camille Scola* : après
la marche lesbienne de 1980 et le rassemblement de 1990, une marche
lesbienne indépendante à Paris. Vendredi 27 juin 2003,
à la veille de la marche des fiertés lgbt, des lesbiennes,
solidaires et actives, ont marché de la porte Saint-Martin à
la place Sainte Catherine pour être visibles les unes aux autres,
pour prendre la rue.
Enfin,
Nos
parents sont gays et c’est pas triste de Marie Mandy*,
donne la parole à des adolescents qui vivent au sein de familles
homoparentales.
Concernant
les documentaires,
il ne faudra pas manquer The
Edge of Each Other Battles : the Vision of Audre Lorde de
Jennifer Abod*, sur l’écrivaine et essayiste Audre Lorde
à qui nous consacrons également une discussion (voir débats).
Deux films retracent la vie de couples de lesbiennes âgées
et militantes : Ruthie
and Connie : Every Room in the House de Deborah Dickson sur
deux lesbiennes juives et No
Secrets anymore de Joan Biren sur la vie de Dell Martin et
sa compagne, qui militent depuis toujours pour les droits des femmes
et des lesbiennes.
Vous rencontrerez une autre militante pour les droits des lesbiennes
et des gays, en Afrique du Sud cette fois, dans Simon
and I réalisé par Berverley Ditsie.
Et il sera question de l’histoire de la musique féministe
aux Etats-Unis dans l’excellent documentaire primé dans
le monde entier, Radical
harmonies de Dee Mosbacher. Enfin, dans History
Lesson, Barbara Hammer* nous donne, non sans humour, sa version
de l’histoire lesbienne à partir d’images d’archives
détournées.
Des
courts métrages en veux-tu en voilà...
Fictions, documentaires, expérimentaux, animations… venus
de tous les coins de la planète.
Vous goûterez à l’humour asiatique avec ce petit
film made in Corée : The
Tampon Manual fait le tour de la question du tampon version
lesbienne. Toutes les utilisations possibles et auxquelles vous n’avez
sûrement pas pensé !
Et pour vous détendre encore, parce qu’heureusement on
n’est pas toujours sérieuses, une nouvelle génération
de films made in L.A. : elles sont jeunes, elles sont belles et elles
ne se prennent pas au…sérieux. Dans D.E.B.S
de Angela Robinson, quatre super héroïnes (en jupe !) doivent
sauver le monde. Hilarant. The
Complex est le pilote d’une série réalisée
par Jennifer Lane, les filles y sont… sans complexe, vraiment
! Pour ne plus voir les ruptures de la même façon, un petit
conseil, allez voir Breaking
up Really Sucks (/Je déteste les ruptures) de Jennifer
Mc Glone. Et si vous voulez connaître les 10 règles de
base pour trouver l’âme sœur, ne ratez pas The
Ten Rules (A lesbian Survival Guide) (/ Les 10 règles
du Guide de Survie Lesbien) de Lee Friedlander.
Plus sérieux en revanche, des films sur la notion de genre sont
bien sûr au programme, tels Gender
Trouble de Roz Mortimer*, Not
Quite (/Pas vraiment) de Liz Richards, une exploration poétique
tourné en super 8 sur la notion de sexe et de genre, ou les performances
filmées de Se Mbessankwini* : Intersex
exposition : full monty (/ Intersexe : strip-tease intégral)
et Born
Queer : Dear Doctors.
Dans Pashke
and Sofia de Karin Michalski, vous découvrirez le
Nord de l’Albanie, où l’on nomme « virgjinesha
» (vierges), les femmes qui ont prêté serment de
vivre en homme, conformément au code coutumier local.
Tout
azimut citons encore, parmi les films des 19 pays représentés
pour cette édition 2003, le court métrage suédois
Selma
and Sofie de Mia Engberg, une comédie érotique
qui fait voler en éclats les critères de beauté
idéale et le néerlandais You
2, de Pascale Simons, où une jeune femme d’origine
surinamienne tente de faire son coming out. À ne pas manquer
non plus, le très beau film d’animation anglais How
Mermaids Breed où il est question de la reproduction
des sirènes…
Deux moyens métrages à signaler. Dayna Mc Leod (How
to Fake an Orgasm et Watching Lesbian Porn) nous revient
en force avec le très explicite Womyn’s
studies : Lesson in Porn (/Etudes féministes : leçons
de cul), recettes de cuisine à l’appui. Et la réalisatrice
hongroise Katrin Kremmer* nous revient elle aussi après Que
doit faire une jeune lesbienne dans la capitale ? Guide pour débutante,
avec The
Pink Ferret une nouvelle comédie sous forme de polar
cette fois. Irrésistible !
Voilà
voilà…Mais on ne peut pas tout vous dire… car cette
année ce sont plus de 80 films qui vous attendent ! En tous cas,
vous l’aurez compris, cette année comme toutes les autres,
le festival est absolument immanquable !
*Réalisatrice
présente au festival cette année
La Commission Programmation 2003
|