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Pourquoi Cineffable ? Pourquoi le Festival ?
Une volonté de visibilité et d'indépendance

D'où viennent toutes ces festivalières ?

Etre visible : c'est se montrer aux autres mais aussi apprendre à se voir, avoir conscience de sa force, se rassembler pour pouvoir construire, se légitimer soi-même pour, simplement, ne pas quémander le droit d'exister. Les lesbiennes résistent à toute définition, elles sont ce qu'elles veulent bien montrer, à une, à deux, au lit ou ailleurs, à des milliers...

Le festival : c'est justement un de ces ailleurs, lieu éphémère, carrefour d'idées, détonateur. Nous improvisons ensemble, organisatrices et festivalières, une incroyable performance. Le festival c'est un théâtre, le grand théâtre des lesbiennes qui se mettent au centre du monde.

Notre but : organiser un festival de films de réalisatrices pour les lesbiennes, par les lesbiennes, qui offre un rendez-vous fixe tous les ans, un temps fort pour montrer des images de lesbiennes, des images féministes, susciter des débats et des rencontres et s'ouvrir à tous les arts.

Cinq jours par an seulement 100% réservés aux femmes, et avec quel plaisir... et deux jours au printemps au cinema MK2 Hautefeuille à Paris, pour montrer les films, que nous découvrons, à toutes et tous dans notre Best Of Mixte (dit le BOM).
Une sélection de films de qualité, et très divers par leurs thèmes, styles et pays d'origine, des films qui ne sont montrés nulle part ailleurs.
C'est au public lesbien de montrer sa force pour lutter contre les carences de la distribution.
L'équipe, entièrement bénévole, doit sa longévité à un passage de relais permanent et à la transmission des compétences. L'organisation est non hiérarchique. Les tâches sont divisées et prises en charge par des commissions qui se retrouvent tous les mois pour faire le point. Le festival est entièrement autofinancé. Joignez-vous à nous pour préparer le festival, ou pour y être bénévole ponctuelle.

Les données en 2003
Pour celles que ça amuse, voici quelques stats tirées de la base de données.
91% de nos festivalières sont françaises.
Parmi les 9% d'étrangères, 25% viennent de Suisse, 20% de Belgique, 12% d'Allemagne, et on trouve 1 malaysienne, 1 péruvienne, une burkinabée...
Les françaises viennent à 70% de la région parisienne. 57% sont de Paris, 43% de la banlieue (et 2 réunionaises).
La ville la plus représentée après Paris est...Montreuil.
Les départements les plus représentés hors Paris sont le 92, le 94 et le 93.
A Paris, nos festivalières viennent du 20e, du 18e et du 11e. Les 1er, 7e et 8e sont peu représentés.
En régions, c'est Rhone-Alpes et PACA qui arrivent en tête et le Limousin en dernier.
Bref, en conclusion, si vous voulez draguer, allez dans le 20e ou à Montreuil....et dans le sud !



Historique

Le festival est né en 1989 d'un ciné-club qui regroupait tous les mois une poignée de lesbiennes parisiennes, mécontentes de la petite place accordée aux films lesbiens pendant le festival de films de femmes de Créteil. A Créteil, c'est bien connu, LE film lesbien gagne systématiquement le prix du public... mais les conclusions qu'on pourrait en tirer ont toujours eu l'air de gêner l'équipe organisatrice et les lesbiennes doivent y rester très discrètes. Le festival est fondé.

Les deux premières années, Quand les lesbiennes se font du cinéma a lieu au cinéma l'Entrepôt dans le 14e, avec tant de participantes déjà que la salle d'une centaine de places était prise d'assaut. En 1991, après le refus de l'Entrepôt de reconduire l'événement, il y eut une année de flottement, entre des salles de l'AGECA et le République cinéma.
En 1992, avec la découverte du centre culturel La Clef et un afflux d'énergies nouvelles, une ère d'expansion s'annonçait. En deux ans, ce lieu qui semblait immense à l'époque atteignait la saturation.


Quelques point de repère :

1992 : visibilité aux premières loges : 800 personnes sont déjà venues au moins une fois au festival de toute la France et de l'étranger. Nous cessons, nous l'équipe des organisatrices, de nous annoncer seulement par nos prénoms et ajoutons nos noms de famille... Ce souci de visibilité est entré dans nos esprits, il n'en ressortira plus. Qui dit visibilité dit communication. Nous décidons de rendre le festival ostensible, de l'annoncer comme événement lesbien, de dire notre fierté, de valoriser sa non-mixité, sa qualité, l'audience toujours plus nombreuse. Le virage est définitivement pris. Quelles que soient les appréhensions, les peurs des unes et des autres, le festival sera annoncé de radios libres en radios nationales, dans la presse lesbienne, la presse gaie et la presse nationale.

Quelques textes choisis...

Au fil des éditions du Festival, Cineffable a publié dans le catalogue et ailleurs des textes explicitant les choix et la démarche de l'association.

 
Cineffable : laboratoire d'autogestion, école d'affirmation
 
Cineffable : un projet, une démarche
 
NON MIXTE, NON STOP
 
Position de Cineffable sur le transexualisme

Tableau Statistiques : adhésions et entrées

1993 : 1200 festivalières sont venues au moins une fois nous voir depuis 1989. Le festival devient déjà trop grand pour La Clef. Certaines pensent qu'il faut bloquer sa croissance. En même temps, nous réalisons que cette décision de nous appartient plus, la dynamique que nous avons enclenchée est irréversible. Le festival est un besoin, il est la propriété de notre public, à nous d'assurer un cadre toujours plus riche.

1994 à 2001 : au Centre culturel André Malraux au métro Kremlin-Bicêtre, nous passons à 2000 festivalières par festival et 7500 entrées dans les salles. Plus de 5000 festivalières de toute la France et de l'étranger sont venues nous voir au moins une fois depuis 1989 car le public se renouvelle tous les ans d'un tiers.
L'équipe est passée d'une dizaine de personnes à une cinquantaine. Nous travaillons par commissions. Les initiatives diverses fleurissent : concours d'affiche, de scénario, concert d'ouverture, la TGTL, les prix, les relais dans les régions...

1995 : nous lançons notre système maison de sous-titrage. Comme dans un grand festival, tous les films étrangers sont sous-titrés, et ça ne nous coûte "rien" (hormis l'équivalent en heures de travail de six mois à temps plein pour une personne).

1996 : nous devons monter un chapiteau sur le parvis et nous occupons le moindre recoin de ce centre culturel magnifique.

1997 : nous commençons un mini-festival en juin pour montrer nos meilleurs films à un public mixte. De grands débats nous intéressent et nous divisent, entre autres le fameux débat sur la sexualité accompagné d'un stand avec des godes. Nous prenons le parti de ne pas intégrer la censure. Une de nos plus belles vocations est de susciter les discussions et de rendre compte de tous les courants d'idées.

2002 : en 2002, nous expérimentons le théâtre parisien Le Trianon, qui ne dispose que d'une salle, mais très grande (800 places). Les débats et la fête se sont déroulés au Divan du Monde.

Depuis 2003, nous avons deux salles de projection. La Halle Saint Pierre, située tout près du Trianon, a une salle de 85 places, pour voir des films et discuter.

Et à présent, trouverons-nous le lieu plus grand qui nous permettrait de recevoir encore plus de monde ? La chasse au trésor est ouverte...
Un grand merci à toutes, aux bénévoles ponctuelles qui nous donnent un coup de main pendant le festival, aux festivalières, et à celles qui renouvellent régulièrement l'équipe.

 
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